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Trafic aérien en France : ce que disent les chiffres de la DGAC

Trafic aérien en France : ce que disent les chiffres de la DGAC

Le trafic aérien en France a atteint 183,02 millions de passagers commerciaux en 2025, soit 2,8 % de plus qu'en 2024 et 2,0 % au-dessus de 2019, selon le bulletin annuel de la DGAC. Les vols internationaux portent la hausse, chaque aéroport régional ne suit pas, et le trafic français intérieur reste loin d'avant la crise.

Quatre repères du bulletin 2025

  • 183,02 millions de passagers et 1,51 million de mouvements commerciaux en France.
  • 156,04 millions de passagers sur les liaisons France - international, contre 26,97 millions en trafic intérieur.
  • Paris-Charles de Gaulle accueille 72,04 millions de passagers, Orly 34,93 millions.
  • En septembre 2026, l'indicateur mensuel du trafic recule de 0,4 % sur un an.

Combien de passagers ont pris l'avion en France en 2025 ?

Le trafic aérien commercial français a transporté 183,02 millions de passagers en 2025, d'après le Bulletin statistique du trafic aérien commercial de la Direction générale de l'aviation civile, édition de mai 2026. Ce total dépasse 2024 de 2,8 % et le niveau de 2019 de 2,0 % : la France retrouve donc, et franchit légèrement, son record d'avant la pandémie.

La DGAC compte chaque passager une seule fois par liaison. Un voyageur Toulouse - New York qui change d'avion à Paris apparaît ainsi deux fois : comme passager intérieur Toulouse - Paris, puis comme passager international Paris - New York. Les statistiques d'aéroports additionnent en revanche départs et arrivées, ce qui explique que la somme des plateformes atteigne 210,59 millions de passagers totaux en 2025, un chiffre plus élevé que celui des flux.

Le volume se mesure aussi en mouvements : 1 508 900 décollages et atterrissages commerciaux sur l'année, dont 1 376 200 en métropole. Exprimé en passagers-kilomètres transportés, avec le fret converti, le trafic atteint 551,22 milliards, en hausse de 3,6 % sur un an : les passagers parcourent en moyenne des distances plus longues, signe de la part croissante du long courrier.

International contre intérieur : deux trajectoires opposées

Le trafic international explique toute la progression du secteur. Les liaisons entre la métropole et l'étranger totalisent 153,51 millions de passagers en 2025, en hausse de 3,6 % sur un an et de 7,6 % par rapport à 2019. Côté province, le trafic international progresse même de 12,8 % face à 2019, porté par les compagnies à bas prix qui ouvrent chaque saison une nouvelle liaison vers l'Europe ou le Maghreb.

Le trafic intérieur de la métropole décroche dans le même temps : 19,63 millions de passagers, soit 2,6 % de moins qu'en 2024 et 26,6 % de moins qu'en 2019. Les liaisons radiales entre Paris et la province tombent à 11,43 millions de passagers (moins 29,9 % sur six ans), les transversales entre deux villes de province à 8,21 millions. Le train à grande vitesse capte une partie de la clientèle, et la loi Climat et résilience interdit depuis 2023 les vols réguliers quand une alternative ferroviaire de moins de 2 h 30 existe : le décret du 22 avril 2023 a supprimé les liaisons d'Orly vers Bordeaux, Nantes et Lyon.

Le train reste le concurrent direct de l'avion sur les trajets de moins de quatre heures : entre la capitale et Lyon, Bordeaux ou Marseille, le TGV relie les centres-villes, alors que l'avion impose le transfert vers l'aérogare et une heure d'avance au contrôle de sûreté.

Le trafic de l'outre-mer suit une voie intermédiaire, avec 9,87 millions de passagers (plus 2,6 % sur un an, moins 2,0 % face à 2019). Les liaisons Paris - outre-mer, très long courrier, transportent 4,92 millions de passagers.

Trafic aérien commercial en France par faisceau en 2025 (source : DGAC, bulletin statistique 2025)
FaisceauPassagers (millions)Évolution sur un anÉcart avec 2019
Paris - international90,58+4,2 %+4,2 %
Province - international62,93+2,7 %+12,8 %
Paris - province (radiales)11,43-2,0 %-29,9 %
Province - province (transversales)8,21-3,5 %-21,5 %
Métropole - outre-mer5,00+2,8 %+3,1 %
Trafic total France183,02+2,8 %+2,0 %

Vers quelles destinations volent les passagers au départ de la France ?

L'Europe reste la première destination du trafic aérien international français, avec 98,78 millions de passagers en 2025 (plus 2,4 % sur un an). L'Afrique arrive loin derrière en volume, 26,71 millions, mais affiche la croissance la plus forte depuis 2019 : plus 30,2 %, tirée par le Maroc, l'Algérie et la Tunisie. L'Amérique compte 17,63 millions de passagers, dont une large part sur l'axe Paris - New York, et l'Asie 12,53 millions.

Sur l'Afrique, les compagnies du pavillon tricolore transportent 11,94 millions de voyageurs en 2025, les transporteurs étrangers 14,78 millions. La croissance vers l'Afrique du Nord et l'Afrique de l'Ouest s'appuie à la fois sur la diaspora et sur le tourisme.

L'Asie demeure le seul grand faisceau sous son niveau de 2019 (moins 5,8 %), en raison notamment de la fermeture de l'espace aérien russe, qui allonge les routes vers le Japon, la Corée ou la Chine. Les hubs du Golfe profitent de ce détour, et l'avis des passagers sur la compagnie Etihad Airways et ses correspondances à Abu Dhabi en dit long sur ce report vers les escales du Moyen-Orient.

Le pavillon joue aussi : les compagnies françaises transportent 69,77 millions de passagers en 2025, les transporteurs étrangers 113,24 millions. Sur l'Europe, la proportion tombe à un voyageur sur quatre pour les compagnies tricolores, face aux low cost étrangères et aux groupes comme Lufthansa ou KLM, partenaire d'Air France ; sur le trafic intérieur, Air France et ses concurrents français gardent 19,34 millions de passagers sur 26,97.

Quels aéroports sont les plus fréquentés en France ?

Paris-Charles de Gaulle domine le classement des aéroports français avec 72,04 millions de passagers en 2025 et 474 730 mouvements commerciaux, loin devant Paris-Orly (34,93 millions). Les deux plateformes parisiennes réunissent 106,92 millions de passagers locaux, un peu plus de la moitié du total national. Le Bourget, réservé à l'aviation d'affaires, n'entre pas dans ce palmarès commercial.

Les dix premiers aéroports de métropole en 2025 (passagers totaux, DGAC)
AéroportPassagers totauxMouvements commerciaux
Paris-Charles de Gaulle72 039 807474 730
Paris-Orly34 927 304216 166
Nice-Côte d'Azur15 226 077162 606
Marseille-Provence11 258 58090 993
Lyon-Saint-Exupéry10 666 33390 426
Bâle-Mulhouse9 621 95974 752
Toulouse-Blagnac7 630 87164 341
Nantes-Atlantique7 182 04652 056
Beauvais-Tillé6 676 32839 488
Bordeaux-Mérignac5 873 27543 299

Le classement régional raconte deux histoires. Beauvais, base des compagnies à bas prix, dépasse de 67,6 % son activité de 2019 en unités de trafic, quand Toulouse (moins 21,2 %) et Bordeaux (moins 23,3 %) souffrent de la disparition des navettes vers Paris. Nice, Marseille et Bâle-Mulhouse progressent grâce à l'international.

La tendance de 2026 : un trafic stabilisé

Le trafic aérien français plafonne en 2026, d'après tendanCiel, l'indicateur mensuel du trafic publié par la DGAC. Le numéro 157, consacré à septembre 2026, relève un trafic commercial de passagers en baisse de 0,4 % sur septembre 2025 et de 0,2 % sur 2019. Sur le troisième trimestre, l'écart reste minime : moins 0,1 % sur un an, plus 0,4 % face à 2019.

Le cumul depuis janvier se situe entre les deux références, 0,5 % sous 2025 et 0,8 % au-dessus de 2019. L'international recule de 0,6 % en septembre, avec un contraste net : moins 2,2 % pour les plateformes parisiennes, plus 1,5 % pour les autres aéroports. L'Asie perd 5,0 % et le Moyen-Orient 10,5 % sur le mois. Le trafic intérieur, à l'inverse, gagne 0,7 % en septembre, dont 2,3 % sur les radiales de métropole, sans effacer un retard de 21,3 % sur 2019 en cumul annuel.

La hausse de la taxe de solidarité sur les billets d'avion, votée dans la loi de finances pour 2025 et appliquée depuis mars 2025, pèse sur le prix des billets et entre dans les explications avancées par le secteur. Le bulletin d'octobre 2026 dira si la fin de saison confirme ce palier.

Le secteur vit au rythme d'une saison marquée : juillet et août concentrent les départs en vacances, janvier et février forment les périodes creuses, et avril amorce la reprise avec les congés de Pâques. Comparer juillet à janvier n'a donc aucun sens ; les statisticiens comparent chaque période à la même période de l'année précédente.

Où trouver les statistiques officielles du trafic aérien ?

Les statistiques du trafic aérien en France sont publiées par la DGAC sur le site du ministère de la Transition écologique. Trois documents sont disponibles en PDF, à télécharger librement :

  • tendanCiel, l'indicateur mensuel du trafic, publié environ un mois après la période observée (par exemple le numéro de juillet, puis celui de septembre) ;
  • le bulletin statistique du trafic aérien commercial, annuel, avec le détail par liaison, par aéroport et par transporteur ;
  • l'observatoire de l'aviation civile, qui replace les chiffres français dans le monde.

Les numéros de tendanCiel se téléchargent en PDF : le numéro 156 couvre août 2026, le numéro 157 septembre 2026. Le bulletin de l'année 2025 est disponible en PDF depuis mai 2026, et celui de 2024 reste également disponible au téléchargement sur le site du ministère chargé des transports. Chaque PDF annonce en tête ses définitions et ses informations de méthode, à lire avant de comparer deux exercices.

Les données brutes, mensuelles et réexploitables, figurent en open data sur data.gouv.fr (jeu « trafic aérien commercial mensuel français »). Les mouvements d'avions par aérodrome se consultent dans une application en ligne de la DGAC. Ces sources sont accessibles sur la page des statistiques du trafic aérien du ministère.

Impact climatique du trafic aérien : ce que mesure l'aviation civile

L'impact climatique du transport aérien ne se résume pas au nombre de passagers. Chaque vol émet du CO2, un gaz à effet de serre, mais aussi des oxydes d'azote et des traînées de condensation, dont l'effet sur le climat s'ajoute à celui du carbone. La DGAC publie chaque année un inventaire des émissions gazeuses liées au trafic aérien français, distinct du bulletin de trafic.

La hausse des passagers-kilomètres (plus 3,6 % en 2025) signifie davantage d'émissions, à technologie égale. Les leviers étudiés pour réduire l'effet sur l'environnement, carburants durables, appareils plus sobres annoncés par Airbus et Boeing, optimisation des trajectoires, avancent sans encore inverser la courbe ; le point sur les innovations pour une mobilité aérienne plus durable détaille ces pistes.

Suivre un vol en temps réel et anticiper les retards

Pour suivre un vol en temps réel, il suffit de saisir son numéro de vol dans une application de suivi (Flightradar24, AirNav Radar) ou sur le site de l'aéroport de départ. Ces services lisent les signaux ADS-B émis par l'avion de ligne et affichent sa position, son altitude et son heure d'arrivée estimée.

Les retards collectifs viennent surtout de la régulation du trafic en Europe, des grèves du contrôle aérien et de la météo. En cas de retard de plus de trois heures ou d'annulation, le règlement européen 261/2004 ouvre un droit à indemnisation : les démarches après un vol annulé ou fortement retardé suivent des délais précis. Pour réserver malgré tout au bon moment, un comparateur de vols bien choisi affiche les horaires et les correspondances de chaque compagnie.

Trafic aérien en France : aéroports, Paris et outre-mer en questions

Quel est le trafic aérien en France ?

Le trafic aérien en France atteint 183,02 millions de passagers commerciaux en 2025, selon la DGAC, dont 156,04 millions sur des liaisons internationales et 26,97 millions en trafic intérieur.

Comment le trafic aérien a-t-il évolué depuis 2019 ?

Le total dépasse 2019 de 2,0 %. L'international progresse de 7,3 %, tandis que le trafic intérieur de métropole reste 26,6 % sous son niveau d'avant la crise sanitaire.

Quel aéroport français est le plus fréquenté ?

Paris-Charles de Gaulle, avec 72,04 millions de passagers en 2025, devant Paris-Orly (34,93 millions) et Nice-Côte d'Azur (15,23 millions).

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