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Quelques aperçus de Colombo au Sri Lanka

Quelques aperçus de Colombo au Sri Lanka

La circulation automobile de la folie pure et simple, il y a trop de véhicules pour des routes complètement défoncées, bordée par des égouts à ciel ouvert…Il faut dire que l'importation de véhicules récents est bénéfique pour le gouvernement, et surtout pour ses dirigeants…Les bus sont dans un état de vétusté et de saleté impressionnant, et les chauffeurs et contrôleurs sont payés au rendement : en effet, comme de nombreux bus vont au même terminus par des itinéraires différents, le contrôleur fait la retape à voix haute à chaque arrêt, et le voyage se fait avec l'accélérateur à fond et le klaxon à un niveau sonore dépassant les normes habituelles…
Les routes à quatre voies se transforment sans prévenir, par la seule volonté de quelques fous, en trois voies d'un côté et une autre, donc on a tous les risques de se retrouver en face à face. Sans compter les touks-touks, les véhicules de toute sorte et même les bus qui font demi-tour sur ces mêmes voies sans prévenir, les motos qui démarrent sans clignotant, etc… c'est la peur permanente, avec en prime le bruit infernal des pots d'échappement disparus, des klaxons puissants et la pollution, autant dire que même en tant que piéton on risque sa peau à chaque seconde ! En plus, parfois se promènent des vaches errantes sur des quatre voies…On en rencontre aussi parfois sur des trottoirs, là c'est plus compliqué car personne ne veut les faire bouger tant elles sont sales…
La plupart des véhicules sont japonais, souvent des modèles inconnus en Europe, et il y a pas mal de vans (camionnettes) normalement pour 7 ou 9 places mais il est normal de s'y entasser à 20…Beaucoup de voitures sont en mauvais état, et à côté de cela il y a des modèles rutilants de 4x4, et parfois des véhicules de luxe, totalement incongrus, comme je l'ai vu avec ce garage de réparation de Jaguar ! Parfois on voit passer une relique roulante du colonialisme anglais…et il y a quelques Peugeot 404, 504 ou bien des modèles très récents. On voit passer aussi quelques bus londoniens à impériale qui ne sont pas de la toute première jeunesse.
Les lignes blanches sont symboliques, de même que toute sorte de priorité, ça va dans tous les sens et à grande vitesse, j'ai même pris un bus qui a roulé tranquillement pendant plus d'un km en doublant systématiquement sans aucune visibilité….Par contre, question prix, c'est imbattable, un aller-retour à Colombo (distant de 10 km) coûte 68 roupies soit en gros 40 centimes d'euros…

Mais il y a depuis quelques jours une autoroute de 30 km. Rien à dire, aux normes européennes, sauf qu'il n'y a pas les panneaux d'affichage des infos route. Construite entièrement par les chinois. Il n'y a personne dessus, du fait de l'existence d'un péage (300 roupies, c'est deux euros). Ce qui est drôle c'est le panneau à l'entrée : interdit aux chars à bœufs, aux touks-touks (heureusement !), aux piétons, aux bus de ville, aux motos, aux vélos, aux tracteurs, et aux démarcheurs poussant un chariot…. Limitation à 100 km/h. A l'entrée de l'autoroute, deux panneaux géants du Président pour montrer sa gloire.

Aparté politique
Il faut dire qu'en matière de publicité, on ne peut pas y échapper, la photo du Président est dans le moindre magasin, le moindre temple, dans chaque bus, et évidemment dans tous les bâtiments publics. S'il est vrai qu'il a mis fin à la guerre locale, son rôle de Président fait le bonheur de toute sa famille qui est aux postes-clés du gouvernement. Comme Napoléon : népotisme et idolâtrie…
L'inauguration de cette autoroute (qui porte évidemment son nom) était impérative avec les Etats généraux du Commonwealth qui vont se tenir dans quelques jours à Colombo, en présence du Prince Charles d'Angleterre, et le choix du Sri Lanka pour cet événement politique renforce le prestige présidentiel. Par contre, comme toute la ville de Colombo va être bouclée pour la circulation, ce sera l'enfer… Beaucoup de bâtiments portent le nom du Président ; écoles, hôpitaux, routes, et maintenant le nouvel aéroport du Sud du pays.

L'alimentation
on ne peut pas mourir de faim ici, il y a partout des étals de trucs à manger. Mais quand on regarde faire, tout est à mains nues, aucune hygiène, et il vaut mieux ne pas savoir comment ont été réalisées les portions présentées. J'ai vu la vente de poissons au-dessus des canalisations d'ordures, pas très envie d'acheter…. Seul problème, tout est pimenté. En tous cas une chose est sûre, une journée sans riz ça n'existe pas. Pour ce qui est du thé ou du café, impossible d'en avoir sans un demi-kilo de sucre mis d'office….Et puis ce qui est étonnant, c'est que tout le monde mange avec les doigts, c'est traditionnel. Après on va au lavabo de service dans un coin. Même les hommes d'affaires en costard-cravate inadapté au pays déjeunent ainsi à Colombo, je l'ai constaté. Autre chose, il faut oublier les goûts personnels en matière de boisson, c'est l'eau du robinet ou bien une orangeade. Pour avoir des bières il faut aller dans des endroits spécialisés avec un justificatif d'identité…Pour le pain, qui ressemble plus à de la brioche mais sans son goût agréable, on est réveillé le matin, entre 5h 15 et 5h 30 par des trois-roues avec haut-parleur, la musique est une mélodie de Mozart avec des fausses notes, et quand trois véhicules de pain se croisent je ne vous dis pas la cacophonie….De toute façon, à partir de 6 heures, c'est le bordel des camions, bus, klaxons, motos, etc…
Il y a des supermarchés, assez acceptables, mais évidemment avec des différences : des énormes sacs de riz et de lentilles où on se sert avec une coupe et on fait peser, des régimes de bananes et de noix de coco qui prennent une place folle, et des rayons immenses de condiments et épices. Les confitures sont hyper épaisses, impossibles à étaler, les yaourts toujours parfumés et hyper sucrés, mais bon, on arrive à trouver de tout en cherchant bien : quelques articles sont même marqués en français, on ne sait pas pourquoi (mayonnaise, moutarde à l'ancienne…), mais les fromages « vache qui rit » s'appellent Happy Cow…. Il est tout de même surprenant de voir tant de bouis-bouis dégueulasses où on peut acheter à manger et tout d'un coup un supermarché climatisé où tout est rangé et assez moderne (paiement en carte).

L'électricité et l'électro-ménager : l'alimentation électrique est très aléatoire, avec des pannes à durée variable…. De de fait, il faut toujours avoir des bougies et des lampes électriques. Conséquence, quand c'est la panne générale dans la ville pour parfois deux heures, seuls quelques magasins d'habillement et supermarchés équipés de générateurs peuvent continuer à fonctionner…
Du fait de l'instabilité de l'électricité, il ne peut pas y avoir de lave-linge, ou alors il faut être équipé en secours électrique. Donc ou bien lavage chez soi à la main ou bien dans une laverie. Le lave-vaisselle, quant à lui, est parfaitement inconnu.

Les petits commerces
On a parfois l'impression de se retrouver dans des romans du 19e siècle de Murger ou Dickens avec les petits métiers : il y a le vendeur ambulant de balais, pour un autre ce sont des ciseaux ou des couteaux, parfois ce sont les poissons ; en vélo avec une radio à volume maximum, c'est le vendeur de billets de loterie ; sans compter ceux qui hurlent dans les rues dès 6 h du matin pour proposer n'importe quoi…

Le bruit
Le silence ici est une notion totalement inconnue. Quand, en plus du trafic automobile, on rajoute les gueulements au haut-parleur des mosquées, suivis de près par ceux des monastères bouddhistes (c'est nouveau !), on a idée de la douceur de vivre… Le pire, c'est qu'en allant à la campagne, avec un temple bouddhiste à côté, j'ai eu droit pendant près de deux heures ((à partir de 5h du matin…) à des prières au haut-parleur, vraiment pénibles, répétitives, sur trois notes…De toute façon, il y a un tel endoctrinement religieux que le bruit va avec lors des grandes cérémonies avec tam-tam et cloches…
Mais tout de même, quand on va dans une librairie et qu'on a droit en fond sonore permanent à des prières bouddhistes, c'est un peu dur. On n'imagine pas à la Fnac d'avoir des Ave Maria…

L'hygiène
Il faut s'y faire, l'eau chaude n'existe pas, donc douches glacées en permanence en faisant bien attention qu'il reste de l'eau dans les réservoirs (pour ne pas rester savonné…). C'est comme cela que j'ai fini par attraper un rhume…Les WC, souvent, c'est une expédition, même dans les hôpitaux (j'ai vu cela dans un hôpital offert par le Japon il y a trente ans, où j'avais accompagné une personne), ça laisse vraiment à désirer….Sans compter le nombre de gens qui crachent…
Question santé, il faut être riche, car il n'y a aucune protection sociale : pas de sécurité sociale, pas de mutuelle, pas d'assurance, et les honoraires médicaux élevés.
L'enlèvement des ordures : pas de containers… et ramassage une fois par semaine de façon aléatoire. Résultat, des poubelles jetées un peu partout, les caniveaux pleins de saletés, les chiens errants trouvant leur compte dans toutes ces poubelles… L'enfer ici ce sont les mouches, impossible de déjeuner tranquillement, il y en a partout.

L'habillement et les commerces
Il y a des vendeurs de fringues partout, des petits commerces, par terre sur le trottoir… et puis soudain un magasin chic avec des articles de bonne qualité apparente (mais mauvaise surprise au premier lavage, les couleurs n'étant pas bien fixées…). Question grandes marques, évidemment ce sont souvent des contrefaçons (Lacoste). Le nombre de vendeurs dans les magasins est souvent plus important que le nombre de clients, le chômage n'est pas au programme ici…Surprenant, les vendeurs sont parfois pieds-nus…Devant chaque enseigne (supermarché, banque, magasin important), il y a un vigile pour le parking, un pour ouvrir la porte, trois à l'intérieur… J'ai vu des banques crado et d'autres hyper propres. Mais pour tout ce qui touche l'administration ici, cela a l'air d'être une leçon de patience… Par contre, avantage non négligeable dans ce pays, il n'y a strictement aucun impôt, ni sur le revenu, ni sur les biens immobiliers, ni pour ouvrir un commerce. De même, la notion de permis de construire est inexistante, ce qui explique l'aspect général de bidonville, cependant amélioré avec des publicités géantes, pour cacher les misères de la construction, dans toutes les villes traversées : ici, aucun bâtiment n'est terminé, il y a des fers à béton s'élançant dans le ciel en attente de la construction hypothétique d'un étage. En attendant, on s'installe, il n'y a pas de crépi, tout est bricolé (plomberie, électricité) mais c'est comme cela…

Tourisme
Il y a sûrement plein de choses à voir, mais quand il faut passer plus de quatre heures en voiture pour aller à la plage de Negombo à 40 km, les circuits sont difficiles à gérer. Pour Kandy, à 150 km, il faut compter au moins 7 h, et pour le nord du pays à 350 km, c'est plus de 24h…. (par comparaison, Toulouse-Barcelone, 400 km, maxi 6h par la nationale)
Et puis, quand on a vu dix temples avec des bouddhas polychromes entourés de néons clignotants, on en a un peu assez…
Il y a des parcs naturels, réserves animalières, c'est sûrement plus détendant, j'espère en voir au moins un…
Autre problème, la dimension des lits ; ici, il ne faut pas mesurer plus 1,60 m, car les gens sont d'assez petite taille. Donc quand on est habitué à un lit de 2m et qu'on se retrouve avec les pieds sur le bois de lit ou dans le vide, c'est un peu dur…
Les gens sont toujours très accueillants, même si on ne comprend rien de ce qu'ils nous disent…

Coutumes
Ce qui étonne ici, c'est qu'on ne voit pas de marques d'affection. Les amoureux se tenant par la main ou s'embrassant, cela n'existe pas, tout est discret et un peu contraire aux lois bouddhistes. On reste dans des relations distantes, comme dans les romans du Moyen-Age. Plus surprenant, c'est pareil en famille : pas de baisers aux frères, sœurs, parents, rarement aux enfants. Une dame a accueilli sa mère juste avec un sourire, alors qu'elle ne l'avait pas vue depuis deux ans ; le matin, pas de bonjour, juste un signe de tête. Quand en plus on tourne la tête de façon négative pour signifier oui, tout est assez déroutant…

Impression générale
Ce pays est en plein développement, mais c'est une telle galère d'y vivre avec ce bruit, cette pollution, et ces routes défoncées, que les guides touristiques ne peuvent évidemment montrer que les photos typiques de beaux lieux à visiter. La réalité est plus dure : hygiène, électricité, eau, bruit…
Par contre, on voit qu'il y a une volonté de sauter un grand pas au niveau finances-commerce-marketing avec la retape pour des études supérieures dans les facultés d'Australie et de Grande-Bretagne avec tout bien organisé à cet effet (visa long séjour, bourses, etc…) dans l'espoir de voir revenir au pays les diplômés ayant vécu dans un autre univers, ce qui n'est pas toujours le cas, sauf en cas de contrat signé où le désistement impose le remboursement intégral de toutes les dépenses par les familles….
Il y a sûrement un bon futur pour le pays, mais les habitudes sont tellement ancrées qu'on ne voit pas la possibilité de changer de sitôt la façon de conduire un véhicule qui est vraiment anarchique, et les notions d'hygiène et de propreté se développer ; A côté de cela, il y aura un développement du commerce tertiaire, mais il ne faut pas oublier que politiquement de nombreux pays subviennent aux finances du Sri Lanka. La gestion financière est particulière avec la construction d'autoroutes inutiles alors qu'il vaudrait mieux rénover entièrement le réseau routier existant (et créer des trottoirs), assurer la qualité de la distribution d'électricité et d'eau potable, et acheter des centaines de camions à ordures et construire à cet effet des incinérateurs….


 
 

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